Chroniques de Jérusalem V. Une vision ouverte à tous !

Jerusalem_sur_le_mur_de_Bethleem.jpgSuite de mes chroniques de Jérusalem avec des visites à plusieurs responsables palestiniens. Le dimanche matin, Shafique Keshavjee et moi nous nous rendons à Ramallah pour participer au culte de l’Eglise baptiste. Son pasteur Munir Kakish nous accueille avec un café arabe qui parfume l’air de la maison, en pleine vieille ville...

Après le culte dans une salle comble, où il nous a donné la parole, il nous parle de la difficile collaboration entre les Eglises historiques et les Eglises évangéliques en Palestine. Lui-même est président du Conseil des Eglises évangéliques de Terre Sainte. « Avant la Résurrection, il y a Vendredi saint. Il doit aussi y avoir une mort à certaines manières de vivre l’Eglise », s’exclame-t-il ! Faisant partie du comité moyen-oriental du Forum chrétien mondial, il espère que la marche vers 2033 permettra d’améliorer ces relations.

Sur le chemin du retour qui passe par le village de Taybey, son fils Michaël, dont nous avons découvert les talents musicaux durant le culte, nous partage son enthousiasme pour la vision de JC 2033. Il nous dépose à la pension des « White Sisters », près de la Porte de Damas, où nous attendent quelques jeunes chrétiens de diverses Eglises de Jérusalem.Munir KakishAvec le pasteur baptiste Munir Kakish

André et Tony Moubarak travaillent ensemble dans une agence de voyage. Ils viennent de l’Eglise maronite et fréquentent aussi une Eglise baptiste à Jérusalem : la Missionnary Alliance Church. Ils sont venus avec Sam Kawaney, jeune pasteur de la communauté arabophone Malek El-Molouk qui se réunit dans le grand bâtiment de la congrégationKing of Kings.

Sont présents aussi deux responsables du mouvement de jeunesse « Seeds of Better Life » (Semences d’une vie meilleure) que nous découvrirons en fin de soirée : Chad, un syriaque orthodoxe et Gabi, un grec orthodoxe.

En découvrant le projet de JC 2033, Tony réagit au quart de tour : « C’est une idée brillante, c'est maintenant le moment de commencer à marcher sur ce chemin en nous unissant ». Et André : « Nous avons besoin d'une impulsion venant de l'extérieur. Cela sera un travail d’équipe au niveau de la base ».

Avec le pasteur baptiste Munir Kakish

Semences d’une vie meilleure

Gabi et Chad nous conduisent ensuite, à travers la porte de Damas, vers le centre de Seeds of Better Life dans le quartier chrétien de la vieille ville où une dizaine de jeunes nous attendent.

Seeds_of_better_life.jpg         Au Centre des "Seeds of better life"Ce centre existe depuis 2002, il est animé par des jeunes des différentes Eglises qui organisent des fêtes et des rassemblements œcuméniques. Durant les fêtes ils décorent également ce quartier.

Alors qu’on lui a demandé de présenter la vision de JC 2033, Olivier demande à Gabi de le faire, puisque nous l’avions déjà rencontré lors de la soirée de l’Arab orthodox club. Il le fait en arabe, avec assurance et conviction. A tel point qu’il suscite l’adhésion immédiate de Sami : « Très bonne idée ! Dieu vous a amenés ici. Ce n'est pas un hasard. Nous croyons que c'est Sa volonté. »

Ce dernier imagine une pièce de théâtre, une manifestation en plein air, où il faut donner la parole à ceux qui ont vécu une expérience avec Jésus ressuscité. Un autre pense qu’il faut imaginer quelque chose de créatif avec le « saint feu » de Pâques. Un autre encore voit une marche autour des remparts de Jérusalem en annonçant la résurrection. Tous s’accordent sur la nécessité de préparer une célébration d'un nouveau format : avec tous les chrétiens qui confessent le Ressuscité, également avec les évangéliques et les messianiques.          Au Centre des "Seeds of better life

Pendant deux bonnes heures nous échangeons dans la joie et la simplicité du cœur. « Comment continuer ensemble, se demande à la fin de cette étonnante et imprévue rencontre Louay Saeed,  le responsable de ce centre ? Nous allons nous engager et informer la jeunesse de chaque Eglise. Vraiment vous êtes venus nous guérir, car nous passons par un moment difficile. Remettons ce projet au Seigneur ! »  

Pour toutes les Eglises !

Le lendemain nous nous rendons dans le quartier de Beit Hanina au siège de la Société biblique palestinienne, où nous attend Nashat Filmon, son secrétaire général.Nashat_Filmon.jpgAvec Nashat Filmon, directeur de la Société biblique    palestinienne

« En recevant votre courrier, nous dit ce dernier, j’ai pensé que c’est une idée miraculeuse et qu’il faudra aussi un miracle pour la réaliser ! JC 2033 ne doit être pas seulement un événement, mais durer toute une année. La Bible devra être mise en avant, car elle raconte l'histoire de Jésus. Il faudra produire des éditions spéciales, également avec la Société biblique israélienne ». 

Il nous montre alors le livre « Gardien de mon frère » (My brothers keeper), édité conjointement avec la Société biblique israélienne, qui propose des méditations quotidiennes sur la fraternité en Christ écrites par des chrétiens palestiniens, des israéliens arabes et des juifs messianiques. « Nous les diffusons chaque matin sur Facebook. Les gens ont besoin d'un message de justice, de paix et de réconciliation et les apprécient beaucoup. On voit la force de la Parole de Dieu. L'Eglise est une lumière et doit être ouverte à tous ! » 

Avec Nashat Filmon, directeur de la Société biblique palestinienne

Nous traversons ensuite la ville de Jérusalem pour nous rendre à Bethléem où nous goûtons un délicieux repas palestinien avec Jack Sara, directeur du Bethleem Bible College et son épouse.

Jack_Sara_et_son_epouse.jpgJack Sara et son épouseCe lieu de formation théologique des évangéliques palestiniens prépare également des guides touristiques et a une école de médias. « Nous avons des relations avec toutes les personnes que vous avez visitées, nous dit J. Sara. En l’an 2000, la célébration à Bethléem n'incluait pas les évangéliques. La vision de JC 2033 est pour toutes les Eglises. Nous aimerions faire partie de ce grand projet. Ayons confiance que cette petite graine grandira ! »

Un avenir plein d’espérance ?

Pour préparer ces visites, j’ai travaillé avec Yusef Daher, secrétaire du Centre inter-Eglises de Jérusalem. Nous avons visité ce centre dans le parc du couvent Saint Anne à Jérusalem. En son absence nous avons rencontré Zoughbi Zoughbi le responsable du programme d’Accompagnement œcuménique en Palestine et en Israël (EAPPI), soutenu par le Conseil œcuménique des Eglises.

Jack Sara et son épouse

Celui-ci nous a invités à prendre la parole lors d’une prière œcuménique pour la paix, à Bethléem devant le mur, à l’occasion de la semaine mondiale de prière pour la paix en Palestine et Israël lancée par le Conseil œcuménique.

Nous avons accepté l’invitation, mais n’avons pas eu le temps de nous rendre à Bethléem.

Toutefois, après notre temps au Bethleem Bible College nous nous rendons près du « Champ des Bergers » à Beit Sahour pour visiter Nidal AbuZuluf, un collègue de Z. Zoughbi. Il nous reçoit dans un centre des Unions chrétiennes des jeunes gens (YMCA) où il travaille pour la « Joint Advocacy Initiative ». Il est aussi le coordonnateur du mouvement palestinien des étudiants chrétiens.

Nidal_Jasmine_et_Areej.jpgParticipent également à cette rencontre Areej Masoud, une syriaque orthodoxe travaillant au Bethleem Bible College et Jasmine Rishmawi, une grecque orthodoxe de Beit Sahour.

Après les avoir longuement écoutés parler de la souffrance que représentent pour eux l’occupation israélienne et la construction du mur entourant Bethléem, et de leur engagement pour la justice, nous leur partageons la vision de JC 2033.

« Aujourd’hui je ne peux pas me rendre à Jérusalem qui est à quelques kilomètres de Bethléem. En 2033 pourrais-je y aller ? C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit ! C'est une grande douleur de ne pas avoir accès aux lieux saints », nous dit Jasmine.  

Nidal Abuzuluf Jasmine Rishmawi et Areej Masoud

Nidal se demande combien de chrétiens il restera à Bethléem en 2033. Quelques centaines, si leur exil continue ! « L'idée est grande, mais elle doit avoir une dimension mondiale et impliquer toutes les Eglises. Pour moi résurrection rime avec libération ». Et Areej : « Allons vers 2033 avec la vision de rendre cette région meilleure ! La situation s’empire de jour en jour ; politiquement parlant il semble qu’il n’y ait pas de solution. Notre espérance est dans le soutien des Eglises du monde entier. »

Si vous allez sur la page Facebook de Jasmine, vous lirez sur la photo de couverture cette parole du prophète Jérémie : « Oui, moi, le SEIGNEUR, je connais les projets que je forme pour vous. Je le déclare : ce ne sont pas des projets de malheur mais des projets de bonheur. Je veux vous donner un avenir plein d'espérance ». (27,11)

Avec elle ayons confiance que la marche vers 2033 donnera quelques signes de cette espérance qui ne déçoit pas !

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